Spiris : un biofilm d’exception

spiris

Spiris : un biofilm d’exception

Avec son système de production innovant, Spiris offre de nouvelles perspectives pour les producteurs de Spiruline. Nous avons échangé avec Vincent Nicolas, son fondateur.

Publié par Protéines, le
Derniers Repérages
Crédit photo : ©atlanpole.fr

Micro-algue reconnue pour sa richesse en vitamines et minéraux, la spiruline se révèle également très prometteuse dans plusieurs domaines tels que les biomatériaux, les colorants ou la cosmétique. La récente attractivité pour la spiruline a favorisé le développement des systèmes de production, et notamment sur les toits et les façades, avec l’objectif de valoriser les rejets. Le principe est simple : conduire des eaux usées dans un bassin où croissent des algues unicellulaires, qui se serviront de la matière organique comme nutriments.

Pour l’installation de tels systèmes de production sur des toits, il faut s’assurer de contrôler plusieurs paramètres comme leurs poids, un élément indispensable à prendre en compte.

« Les micro-algues et particulièrement la spiruline sont des aliments majeurs pour l’assiette de demain mais les modes de production actuels ne sont pas viables à grandes échelles. »

 Confronté à ces problématiques de surcharges en toiture et de valeur ajouté du produit lors d’un stage en agriculture urbaine en 2012, Vincent Nicolas, ingénieur en Biotechnologie, décide de se lancer dans l’aventure. Son ambition : créer un système de production offrant une valeur ajouté suffisante pour une installation en toiture tout en étant modulable et contrôlable à distance. Il met alors au point une production de spiruline sous forme de biofilm : « le biofilm photosynthétique permet à la fois une amélioration de l’efficacité photosynthétique mais également une diminution importante de la consommation en eau, et donc du poids du système de production ». Avec cette innovation, Vincent fonde l’entreprise Spiris et concilie une productivité suffisante avec un système plus léger, automatisable et modulable.

« Nous avons commencé à travailler avec des moyens rudimentaires dans mon appartement parisien. Il y avait des bassins de spirulines, un système de mécano… la total ! On pouvait à peine marcher. »

 Digne des plus grandes sagas entrepreneuriales, Vincent et son équipe commencent leurs premiers essais chez lui avec les moyens du bord. Très vite ils se développent et intègrent l’Open Lab du Centre de Recherche Interdisciplinaire. Ils effectuent ainsi avec les moyens du CRI leurs premières expériences « semi-professionnels ». Aujourd’hui intégré dans un programme d’incubation d’envergure (Climate KIC et Agoranov), l’équipe est même récemment intervenue lors de l’Echappée Volée 2016, congrès dédié à l’innovation dans de multiples domaines.

« L’ambition de Spiris est d’être un acteur des changements en cours de notre société, nous voulons contribuer à un changement vers un mode de consommation et de production plus durable. »

 Au delà de l’innovation technologique que représente son projet, Vincent souhaite donner une dimension plus large à Spiris : « En plus d’accentuer l’impact environnemental des micro-algues, notre technologie permet de produire de manière compétitive en Europe : c’est une manière de se fournir localement et avec une qualité Française ».