Quand la Soul Food séduit les âmes françaises

Soul Food

Quand la Soul Food séduit les âmes françaises

Elle traverse l’Atlantique et démarque enfin en France pour notre plus grand plaisir.

Publié par Protéines, le
Food Toujours
Crédit photo : Soul Food (le film)

Le poids de l’histoire culinaire afro-américaine

Pour soutenir l’évolution de l’esclavage dans les années 1500, les aliments comme le riz, le sorgho et le gombo sont importés aux Amériques, où ils sont peu à peu associés aux cultures locales des Indiens d’Amérique, telles que le maïs, le manioc, la patate douce, le gibier ou les fruits rouges. Les Européens y ajoutent, pour le goût, des navets marocains, de l’ail, du laurier et du chou portugais, en plus des plantes consommées pour leurs fanes (cresson, pissenlits, moutarde, chou frisé, raisin d’Amérique), des légumineuses (lentilles, pois, etc.) et des bas morceaux (pieds, joue, museau, couenne, jarret et saindoux de porc, queue de bœuf, etc.), alors réservés aux communautés d’esclaves.

Les recettes de soul food, traditionnellement familiales et conviviales, et nécessairement riches, se transmettent ainsi oralement au sein des communautés afro-américaines durant plusieurs siècles, avant de se retrouver consignées sur des manuels à la fin du XIXème siècle. Longtemps considérée comme de la « cuisine d’esclaves », la gastronomie afro-américaine pâtit encore aujourd’hui d’une réputation mitigée aux Etats-Unis.

 

Des atouts santé, qui s’adaptent parfaitement aux goûts occidentaux

Riche en gras, mais également en légumes et protéines végétales, la soul food allie la générosité d’un copieux plat de viande aux vitamines, minéraux et fibres des racines et légumineuses qui l’accompagnent. Néanmoins, pour réussir cette seconde traversée de l’Atlantique, les chefs européens doivent adapter certains ingrédients : la friture se fait dorénavant à l’huile végétale (et plus au saindoux), la dinde ou le poulet remplacent le porc, etc.

Cette évolution « healthy » attire les critiques des puristes du gras, mais permet au Vieux Continent de découvrir une gastronomie ancestrale : curly fries de patate douce, coleslow de choux blancs et rouge, skillet de maïs, haricots rouges épicés et poulet frit bien relevé ont récemment débarqué sur les tables les rues parisiennes, comme au restaurant Mama Jackson fondé par Laura Pasotti et son mari Ludovic, et dans nos rues, grâce au food truck New Soul Food tenu par Rudy Laine.
Et si vous ne connaissez pas la tendance Chicken and Waffles, également issue de la soul food, nous vous conseillons de vous rendre chez Gumbo Yaya, un restaurant façon « Soul Kitchen » qui vous servira du poulet frit entre deux gaufres, le tout arrosé copieusement de sirop d’érable ! Cet établissement a été l’un des premiers a imposer son style et ses recettes au peuple parisien.

En apportant à la cuisine traditionnelle africaine, très populaire en France, des saveurs typiquement américaines déclinées selon nos attentes, la nouvelle Soul food a tout pour s’implanter durablement dans nos assiettes et dans nos cœurs !