Yes, we fat

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Yes, we fat

Fat Water : cette bouteille symbolise à elle seule un tournant majeur dans l’imaginaire alimentaire américain : finie la chasse au gras !

Publié par Protéines, le
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C’est officiel : après de longues décennies de diabolisation du gras, les Américain-e-s font marche arrière. Il a fallu 30 ans pour comprendre que la consommation régulière de gras n’impliquait pas forcément une prise de poids. Tout dépend du type de gras et de la quantité dont on parle.

 

Du bon gras, du mauvais gras : une vision simpliste mais toujours d’actualité

L’OMS[1] ne parle ni de bon ni de mauvais gras, mais conseille d’en consommer un peu de chaque type, en proportions égales, le gras devant représenter un tiers des calories consommées.[2]

Cependant, dans le paysage alimentaire américain, où les gras saturés dominent largement les autres types de gras, le message est clair : il faut remplacer, au sein des repas, les gras saturés par des insaturés.

Du coup, diaboliser le gras saturé aujourd’hui, c’est plutôt bon pour la santé publique. En tous cas, bien meilleur que de bannir totalement le gras : la vague du fat-free dans les années 70 a finalement mené les Américain-e-s à compenser par des sucres simples (sucre, sodas, bonbons, desserts, etc.) et complexes (pâtes, pain, pomme de terre, etc.), entraînant une réelle explosion de l’obésité dès le plus jeune âge.[3]

 

Fat Water : seulement 20 calories mais un immense effet placebo

Ce n’est pas un hasard, l’homme derrière ce produit n’est autre que Dave Asprey, fondateur du « Bulletproof coffee », un café infusé au beurre et huiles de coco et de palme, vantant les mérites du gras saturé à moyenne chaine. Qu’en est-il vraiment ?

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« Bulletproof coffee » : le concept étrange qui fait fureur aux U.S.

 

Fat Water se présente comme un produit « bénéfique pour la vitalité et le système nerveux »[4], mais 20 calories par bouteille, c’est peu. Très peu. Surtout pour une boisson « grasse ». En fait, ce produit n’a pas d’effet notoire sur la santé : en consommer 15 bouteilles par jour ne contribue ni à un régime diététique, ni à une prise de poids.

On peut classer Fat Water parmi les produits « placebo » : bons pour notre santé psychologique, mais pas vraiment d’effet sur notre corps.

 

Une révolution alimentaire dans l’imaginaire collectif américain

Le réel (et seul) avantage de ce produit, c’est qu’il ramène le gras du côté des aliments « autorisés », et qu’il force les Américain-e-s à se poser les questions : « quel type de gras suis-je en train de consommer ? » et « ne devrais-je pas remplacer ce gras par un autre ? », plutôt qu’éviter à tout prix d’en consommer.

Grâce à de tels positionnements de produits, il y a de bonnes chances pour que le régime-type américain se rééquilibre peu à peu, et que l’épidémie d’obésité ralentisse sa cadence. Néanmoins, les combats les plus importants pour la santé publique, ceux de la réduction des portions alimentaires et de la promotion de l’activité physique, sont encore loin d’être gagnés…

 


 

[1] FAO/WHO (2010) Fats and fatty acids in human nutrition. Report of expert consultation. Rome, Italy.

[2] L’OMS conseille de consommer :

  • Autant de gras saturés, solides à température ambiante (beurre, viandes grasses, pâtisseries, fromages, etc.),
  • que de mono-insaturés, liquides à température ambiante (noix, huile d’olive, de colza, etc.),
  • que de poly-insaturés, notamment Oméga 6 et 3 (dans les poissons gras, huile de tournesol, de lin, etc.).

[3] En effet, le foie est spécialisé dans la transformation des molécules de sucre en molécules de gras, qui sont ensuite stockées dans les parties grasses, ou réserves, du corps humain. Et pour les en déloger, il faut d’abord brûler toutes les réserves de sucres rapides du corps, ce qui prend généralement 1/2h d’efforts physiques soutenus.

[4] Une bouteille de Fat Water combine 2g d’huile brevetée (riche en gras saturé à moyenne chaîne, précurseurs de vitamine B) avec de l’eau purifiée et édulcorée au xylitol (donc zéro sucre).