Le cuisiné maison ou la nouvelle représentation du bien manger

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Le cuisiné maison ou la nouvelle représentation du bien manger

A partir de 2013, une nouvelle notion est associée au bien manger dans le quotidien des Français : le cuisiné maison. Focus sur cette évolution sociétale.

Publié par Protéines, le
Des chiffres et des lettres
Crédit photo : apartmenttherapy.com

En 20 ans, le rapport des Français à l’alimentation a évolué. L’époque du discours autour de la cuisine santé adaptée à tous est en train de laisser la place à une alimentation plus intimiste basée sur le cuisiner soi-même à partir de produits bruts, en mettant l’accent sur la qualité et le goût.

C’est ce que nous apprennent les dernières enquêtes sociologiques* qui révèlent l’émergence, à partir de 2013, d’un nouveau discours chez les Français quand on leur demande ce que présente pour eux le « bien manger ». Outre le traditionnel « manger équilibré » (25%), quelques plats possédant une image « santé » (21%) et la notion d’acte social (20%), le cuisiné maison fait son apparition et arrive en 4ème position (15%) très loin devant le discours nutritionnel (8%).

Profil type des passionnés du cuisiné maison

Accéder à des ingrédients de qualité quand on vit en milieu urbain, avoir le temps et l’espace pour les préparer etc. n’est pas à la portée de tous. Tout naturellement, les catégories sociales les plus favorisées (niveau élevé d’études et gagnant plus de 46 000 euros par an) sont surreprésentées, habitant dans le sud-ouest dans un environnement urbain (villes de plus de 100 000 habitants).

Le cuisiné maison féminin se virilise mais…

Grâce au plus grand partage des tâches ménagères, la proportion d’hommes qui préparent le repas au moins une fois par semaine est aujourd’hui de 50% contre 28% en 1988.

Malgré cette évolution sociétale majeure, le bien mangé ne se conçoit pas de la même façon selon que l’on soit un homme ou une femme. Les femmes sont plus sensibles aux liens entre alimentation et santé alors que pour l’homme, le bien manger reste associé à la satiété, le plaisir du ventre, le goût et le repas partagé.

Et enfin, pour confirmer cette montée en valeur de l’alimentation, notons la remontée des dépenses alimentaires en 2010, après une importante désaffection en 2007 ; à l’époque, l’alimentation et le bien manger étaient considérés comme un problème économique, ce qui est moins le cas aujourd’hui, ouf !

 

Source :

*Le plaisir du cuisiné maison : pour le goût et la qualité. Credoc, mai 2015.